Mercredi 5 mai 2010 3 05 /05 /Mai /2010 19:53

 

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Par Bidou
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Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 20:05
Par Bidou
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Lundi 22 mars 2010 1 22 /03 /Mars /2010 21:15
Alberta - Décès du soldat canadien blessé en Afghanistan
Le Caporal Darren James Fitzpatrick était âgé de 21 ans. 
© Photo courtoisie

OTTAWA - Blessé en Afghanistan, le caporal de 21 ans Darren James Fitzpatrick de la base militaire d’Edmonton, en Alberta, est décédé samedi des suites de ses blessures.

Il avait été grièvement blessé le 6 mars dernier à la suite de l’explosion d’une bombe artisanale lors d’une patrouille à pied à 25 km à l’ouest de la ville de Kandahar dans le district de Zhari.

Le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, n’a pas manqué de saluer le courage de ce jeune soldat de Prince George en Colombie-Britannique, qui servait avec le régiment Princess Patricia.

«Le caporal Fitzpatrick a participé à l’effort international pour aider l'Afghanistan à redevenir prospère et autonome après des décennies de guerre», a déclaré le ministre dans un communiqué de presse.

Selon M. MacKay, bien que la mission de l’OTAN en Afghanistan soit difficile, «des progrès mesurables» y ont été réalisés.

L’apport des Forces canadiennes contribue à changer le cours des choses dans ce pays, a poursuivi le ministre, qu’il s’agisse «d’établir les conditions pour la reconstruction et le développement» ou de fournir de l’aide humanitaire.

Selon le ministre, «le caporal Fitzpatrick a sacrifié sa vie» pour faire renaître l’espoir d’un avenir meilleur. «Nous continuons de collaborer avec nos partenaires afghans et internationaux afin d'assurer que son sacrifice ne soit pas oublié.»

La gouverneure générale Michaëlle Jean a également salué le courage du caporal Fitzpatrick, «un homme remarquable et d’une très grande générosité», a-t-elle dit.

«En mission en Afghanistan, il était convaincu de l’importance cruciale de l’aide humanitaire apportée dans les communautés de la province de Kandahar où la pauvreté, l’insécurité et le terrorisme sont des réalités quotidiennes», a-t-elle souligné par voie de communiqué.

Le caporal Fitzpatrick était un soldat d’infanterie. Il s’était enrôlé dans les Forces canadiennes en 2006 et en était à sa première mission opérationnelle.

À la suite de ses blessures, il avait d’abord été soigné à l’aérodrome de Kandahar puis transporté au Centre médical régional de Landstuhl, en Allemagne. Il avait été transféré vendredi à l’hôpital de l’Université de l’Alberta à Edmonton.

Il est décédé samedi entouré de sa famille.

Par Bidou
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Lundi 22 mars 2010 1 22 /03 /Mars /2010 19:37

A la 4 du 8ièmeRPIMa

 

J’avais un camarade.

 

J’avais un camarade mais je ne le connaissais pas. Nous nous étions surement croisés dans une allée de la caserne, peut être dans un couloir ? Il m’avait alors salué parce que je suis plus ancien que lui, plus gradé que lui  et c’est en le regardant droit dans les yeux que j’avais répondu à son geste par le même geste.

Je ne le connaissais pas mais c’était mon camarade. Nous portions le même béret rouge, nous avions le même drapeau, celui du 8ième RPIMa et nous avions aussi les mêmes valeurs.

 

Puis un jour mon camarade est parti en mission avec sa compagnie à l’autre bout du monde sur cette terre afghane noyée de soleil et submergée de poussière.

 

Aujourd’hui, j’ai perdu mon camarade.

Je ne le reverrai plus, je ne le croiserai plus dans une allée ou au hasard d’un couloir. Il ne me saluera plus.

Je suis triste.

 

Je suis triste mais je suis fier de lui aussi, car je sais qu’en vrai parachutiste, il a été jusqu’au bout sur la piste, jusqu’au bout de sa vie à peine commencée.

 

Il était jeune et on lui aurait certainement pardonné un instant de faiblesse lorsque l’enfer s’est abattu  sur sa section dans ce coin perdu de montagne.

Il était jeune et pourtant il n’a pas faibli lorsque ses chefs sont tombés les premiers devant lui. La terre, les cailloux tout autour ont éclaté en mille geysers et l’assourdissant claquement des balles a soudain saturé l’atmosphère.

Attaqué, il s’est défendu. Cerné il s’est jeté à terre sur ce sol sans obstacle en rendant coup pour coup.

Submergé il a résisté sans reculer puis, d’un coup, son fusil brûlant s’est arrêté en même temps que son souffle.

 

Il n’a pas failli, et en mourant au combat un après-midi d’août loin de cette France où à la même heure on revient de la plage, il a fait comme ses anciens tombés dans les rizières du Tonkin, les djebels arides d’Afrique du Nord ou les sables incandescents du Tibesti.

Il a fait son devoir de parachutiste jusqu’à l‘ultime seconde, comme ses chefs et ses cinq autres copains tombés ce même jour sous ce soleil étranger.

 

J’ai cru entendre à la télé ou à la radio, je ne sais plus, qu’il était incongru, en 2008 qu’un garçon de vingt ans puisse mourir à la guerre au nom de valeurs comme les nôtres.

Peut-être est ce alors moins incongru, au même âge, de mourir au volant d’une voiture après avoir gouté aux volutes de ces  poisons de rêves qui mènent au paradis artificiel ?

 

Non mon camarade, tu peux dormir en paix, ta mort n’est pas incongrue parce que tu es parti comme on te l’a appris, tu es parti en soldat.

 

Dors mon camarade, je vais à présent veiller sur ta mémoire mais je suis bien triste parce que je ne pourrai jamais plus te rendre, les yeux dans les yeux, notre salut militaire.

 

 

 

                                                                                                Jacques ANTOINE, un adjudant-chef du 8

Par Bidou
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Jeudi 25 février 2010 4 25 /02 /Fév /2010 20:34



Jacques ANTOINE

Castres
le 12 septembre 2008

 


Madame ou mademoiselle,

Je suis un enfant du 8, et c’est à ce titre que je vous écris.
Entendez 8, comme 8e RPIMa, sigle que vous connaissez depuis peu.
Et enfant, car j’y ai fait toute ma carrière de parachutiste.

Un régiment de parachutistes vu de l’extérieur c’est un monde qui vit derrière des murs, c’est un microcosme opaque, une société hiérarchisée : « Oui chef ! Non chef ! » C’est aussi un monstre froid qui broie les personnalités et transforme l’humain en machine. Les gradés ne font rien, les soldats balaient les couloirs et tout le monde est payé par la république.

C’est ce que beaucoup se plaisent à dire pendant que les autres se satisfont à le croire. Les Français ne connaissent pas leur armée, on le sait.

En vérité ce régiment, c’est une communauté d’hommes et de femmes (depuis peu chez nous) qui réagissent aux mêmes valeurs, aux mêmes codes et chez laquelle on va trouver de la solidarité, de la fraternité, de l’amitié. C’est un petit univers où tout le monde se parle, se reconnaît. Un endroit où il est interdit de laisser quelqu’un en arrière. Un endroit où les relations sont franches, où les chefs disent « Suivez-moi ! », et pas « En avant ! »

C’est aussi un endroit où il faut se fatiguer, très souvent se dépasser, aimer et souffrir et toujours tenter d’approcher l’excellence. On y rit parce qu’il y a de l’humour, on y pleure aussi car les fautes et les échecs s’ils peuvent être parfois pardonnés sont toujours sanctionnés. Les médiocres sont écartés et le manque d’enthousiasme est condamné. On se dit les choses sans détours et la camaraderie fait le reste. Nos familles sont impliquées dans notre vie de parachutiste et vivent au rythme de nos joies et de nos peines.

Nous saluons les trois couleurs, nous nous redressons pour la Marseillaise, respectons une foule de valeurs qui ailleurs sont devenues des « gros mots ».

Nous aimons notre chef et notre chef nous le rend bien.

Notre prière.
« Mon Dieu donnez-moi ce qui vous reste »
« Donnez-moi ce que les autres ne veulent pas »

Je viens d’écrire ceci pour vous apprendre ce qu’est un régiment de parachutistes.

On sait vivre dans des situations extrêmes, on sait aller à la guerre et l’on sait aussi y mourir. Cela vous le savez.

On a perdu 8 garçons du régiment et toute la presse en a parlé, des jours durant.

Naïvement, car parfois nous le sommes, nous avons cru que cette presse allait un peu s’intéresser à nous pour nous. S’intéresser à ces jeunes hommes qui se sont battus sans faiblir, à ce chef qui a sauvé les 22 qui restaient, le premier moment de surprise passé, alors que la section a toujours été à deux doigts d’être submergée, plusieurs heures durant.

Non, l’héroïsme ne doit pas payer car la presse s’est intéressée à tout autre chose, je ne détaille pas, ce n’est pas mon propos.

En final arrive le reportage et vos photos qui font couler de l’encre et beaucoup parler.

Quel est mon point du vue et par là celui de bien d’autres alors que de-ci de-là on vous reproche en bloc votre travail.

Quelqu’un de chez vous a voulu d’ailleurs désamorcer tous ces « grincements » en disant que Match n’était pas là pour faire la propagande de l’Armée Française ?

Ce qui correspond à ce que dit l’Histoire contemporaine puisque la presse de l’hexagone a très rarement soutenu l’armée française, elle avait plutôt des faiblesses pour ceux d’en face. Preuve que cela n’a guère changé d’ailleurs.

Alors ce reportage sur « La parade des talibans »…

Vous avez pris des risques en allant chez eux. Eux qui font passer les femmes après les chèvres !

Ils ont accepté, c’est dire qu’ils avaient sacrément besoin de se confier !

Vous avez pris des photos. (Elémentaire pour une photographe !) et vous êtes revenue vivante. On est content, il est vrai que vous avez une bonne tête.

Le reportage ne nous gêne pas tous, bien que s’il n’avait pas été fait, il ne nous aurait pas manqué.

Les photos des talibans portant les équipements de nos gars tués nous choquent à divers degrés mais c’est du matériel militaire et il ne permet pas de dire qu’il appartenait à tel ou tel. Cela reste en quelque sorte anonyme.

Mais la montre ???

La montre c’est un objet personnel ! Ce n’est pas du matériel militaire ! Une seule personne l’a reconnue du fond de la Basse-Normandie et s’est effondrée pour la seconde fois en quinze jours, la mère du garçon.

« C’est de l’info » avez-vous répondu à une interview !

Je sais lire et écrire, vous avez un niveau d’étude supérieur au mien, alors en 10 lignes vous seriez certainement capable de me convaincre que cette photo de montre c’est de l’info ? On ne voit même pas la marque pour de l’info !

De l’info qui n’a touché violemment qu’une personne en France, la mère. Touché et coulé puisqu’elle l’a bien mouillée cette page 46 ! C’est vrai, dans des statistiques une personne en larmes sur plusieurs milliers de lecteurs c’est négligeable en regard des exemplaires vendus.

Au nom de l’info, il y a quelque chose de glacial dans tout cela.

Nous ne sommes pas spécialement émotifs dans ce métier mais il arrive tout de même parfois que l’on réfléchisse avec le cœur.

Je ne vais pas vous insulter, je ne vais pas vous condamner, je veux simplement vous faire découvrir quelque chose.

Avec la main droite positionnez vos doigts de chaque coté de votre larynx et serrez à peine. Après 2 ou 3 secondes si vous sentez comme de petits battements, c’est que vous avez un cœur.

Alors servez-vous en un peu dans votre travail, de grâce !

Le fric ça se dévalue, pas les valeurs du cœur.

Agréez mes salutations de provincial (parce que j’ai été bien élevé)

Par Bidou
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